Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 21:01

couv58970696

Résumé


Entre Bien et Mal, science et superposition, simulacres et vrais miracles, un roman fort et sombre dans un Moyen Age fascinant. 

 

Hiver 1288. Dans une paroisse isolée du Quercy, une troupe d'hommes en noir s'empare d'un enfant. Refusant d'admettre que le petit est perdu, le prêtre du village, le père Aba, se lance rageusement à la poursuite de ses ravisseurs. 

 

Au même moment, à Rome, l'éminent enquêteur Bénédict Gui accepte une nouvelle mission : retrouver un jeune homme employé par l'administration du pape.

Lui aussi a disparu sans laisser de traces, emmené par des hommes en noir. 

 

Enfants enlevés, archives escamotées, cardinaux assassinés... Dans ce Moyen Age où le pouvoir de l'Eglise est plus fort que jamais, quelque chose se prépare. 

 

Le père Aba et Bénédict Gui, sans se connaître et au prix de leur vie peut-être, parviendront-ils à faire échouer les puissants qui ont sombré dans le cynisme et la démesuré ? 


Mon avis :

 

Après avoir lu et aimé Pardonnez nos offenses de Romain Sardou, j’ai cherché d’autres livres de lui et je suis tombé sur Délivrez-nous du mal. Le résumer autant que la couverture me semblaient prometteur et voilà comment il s’est retrouvé dans ma bibliothèque !

 

C’est donc une nouvelle fois que nous replongeons dans un Moyen-Age admirablement reconstitué (pleins de détails peu connus sur les lieux qui enrichissent l’histoire, par exemple les Laveurs de Rome) où l’auteur nous fera voyager à travers la Moravie, le Quercy et Rome. L’histoire se déroule en environ 400 pages, divisées en trois parties.

 

Dès le début de la lecture, il est difficile de ne pas faire le parallèle avec Pardonnez nos offenses si on l’a lu. D’abord le nom du personnage : Henno Gui dans Pardonnez nos offenses et Bénédicte Gui dans ce livre-ci. On fera également références à des lieux et événements de l’autre histoire (Draguan, le miracle de Genanno,…) et on y retrouve certains personnages (Arthimédore de Broca, Fauvel de Bazan,…) et bien-sûr la lutte contre l’Eglise pervertie et obsédée par la résurrection des morts…  Un remix de Pardonnez nos offenses ?

 

Je suis bien tenté de répondre oui car on retrouve les qualités de l’auteur à travers l’histoire : l’intrigue est très prenante, l’ambiance est très bien recréée : on s’y croirait ! On va suivre deux personnages : un laïc (qui est un génie de résolution d’énigme qui au début fait un peu penser au Père Fouras de Fort Boyard…) et un prêtre qui poursuivent le même objectif sans jamais se croiser: démêler le nœud immense qui entoure les enlèvements d’enfants

 

Les deux principaux personnages  et les autres sont encore une fois bien fait : originaux, une personnalité recherchée et des «  caractéristiques » vraiment particulières. Seule un souci : le père Aba est au début un petit prêtre inoffensif, une vraie brebis de dieu et peu après devient le Chuck Norris du Moyen-Age… changement un peu trop rapide.

 

On retrouve donc encore une histoire très bien ficelée où un détail apparemment anodin peut prendre toute son importance et où tous les éléments sont réunis à la fin et quelle fin ! Elle est surprenante et mes « suppositions » étaient complétement erronées. La fin des personnages aurait du être par contre plus élaborée, je reste un peu sur ma faim…

 

Mais on retrouve aussi les « défauts » de l’auteur : si l’histoire ne contient pas d’anachronisme, il y a quelques erreurs (par exemple à un moment une femme se fait tuer d’un coup d’épée à travers les reins et quelques pages plus loin, il semblerait qu’elle soit morte d’un coup d’épée à travers les omoplates…). Mais ce n’est qu’un vulgaire détail ! On retrouvera aussi le laboratoire-forteresse de l’église (qui me fait toujours penser à l’atelier de Mr. Q dans James Bond…). Ce qui m’a le plus déçu, ennuyé c’est la présence de surnaturel avec les  thaumaturges.  Je ne crois pas en ce genre de chose et ça décrédibilise l’histoire… Mais en même temps cela contribue à renforcer l’ambiance si particulière de l’époque. Positif ou négatif ? Difficile à dire…  L’histoire aurait peut-être été moins palpitante sans surnaturel mais j’en aurais pas mis tant. Il y a aussi trop de hasard bien fait (où quand on lit on se dit «  comme par hasard »…) mais c’est inévitable à moins d’écrire un livre énorme.

 

Si dans Pardonnez nos offenses c’est l’ambiance qui nous pousse vers la fin du livre, ici c’est surtout la curiosité qui est remarquablement attisée : le lecteur, balloté entre les deux principaux héros n’a pas de repos !

 

Les descriptions permettent encore une fois de s’imaginer sans mal les scènes et, si on se laisse prendre, de s’y croire ! L’écriture est fluide mais je reprocherai juste ici le manque de clarté au niveau des rôles des personnages du Latran (Promoteur de justice, Défendeur de la cause des Saints, sacré congrégation,…) qui est qui ? Et qui fait quoi ? On s’embrouille un peu là.

 

Bref, je conseille ce livre rien que pour avoir le sourire quand on se fait avoir par cette fin tellement inattendue !!!  Les fans du Moyen-Age trouveront leur compte ici ! J’aurai juste voulu un peu moins de surnaturel et une fin plus «  riche » pour les héros.

 

Un livre à lire au parc, quand le vent souffle, un peu froid et que le soleil brille alors que le printemps arrive…

 

Extrait du livre :

 

" - Si tu es toi, Perrot, par la grâce de Dieu, un être de cet ordre, il serait dommage de te laisser perdre, comme de t'abandonner avec ce fardeau. Tu peux remercier Até de Brayac, elle t'a sauvé. La plupart de nos frères dans l'Eglise pensent que si un miracle se réalise- qu'il s'agit d'une apparition ou d'une guérison- c'est le diable qui illusionne les humains pour mieux les introduire à la tentation. (...) C'est tellement vrai que si Jésus de Nazareth revenait et qu'il produisait les mêmes prodiges qu'il fit en son temps, l'Eglise serait la première à l'envoyer flamber! Hors de ces murs, il est certain qu'un évêque zélé aurait fini tôt ou tard par réclamer ta mort, au nom de l'ordre naturel.

Profuturus alla à la porte. Il fit un signe au moine qui l'attendait derrière. Celui-ci partit en courant. Il y eut un moment de silence, puis le moine revint et tendit à l'abbé un objet recouvert d'une pièce de tissu écru.

Profuturus le posa sur la table.

- Approche. "  p.314.

Partager cet article
Repost0

commentaires

L
<br /> Si tu aimes l'ambiance médiéval et les intrigues à rebondissement, il est pour toi :D<br />
Répondre
J
<br /> Tiens, j'avais déjà lu un livre de Romain Sardou "personne n'y échappera"...Un thriller très bien mené (même si on met du temps à se mettre dedans...Il y a beaucoup de descriptions).<br /> Mais je en savais pas qu'il écrivait des romans "médiévaux" :)...Ton avis me donne envie en tout cas !<br />
Répondre

Présentation

  • : Le blog de les-fabuleuses-aventures-de-mik
  • : Blog consacré à mes lectures
  • Contact

Catégories

Liens